Emelthée | De l’ombre à la lumière
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juin, 2016

30jui20 h 30 minDe l'ombre à la lumièreMusiques françaises du 19è siècle20 h 30 min Temple du Change

En Savoir +

Détail

De l’ombre à la lumière

En 1878, dans le premier cours d’histoire de la musique qu’il dispense au Conservatoire de Paris, Louis-Albert Bourgault-Ducoudray s’exclame : « La France est fille de la Grèce ! » Puis, il ajoute : « C’est la France qui, par son goût, son tact, son choix judicieux, son art de combiner en un seul type des éléments divers, a su conquérir une place à part dans l’humanité et montré au plus haut degré dans sa littérature et dans ses arts les qualités de l’art grec : la clarté, la précision, la logique et ce bon sens suprême qui, en art, s’appelle la mesure. » Meurtrie par la défaite de 1870, la France va en effet chercher à renouer avec ses racines gréco-latines afin de contrer l’envahissante et terrifiante Germania.

Au tournant des XIXe et XXe siècles, de nombreux artistes français participent à ce vaste mouvement, que Les Troyens (1863) de Berlioz portaient en germe, et puisent tour à tour leur inspiration dans un art idéalisé. Si les écrits de Leconte de Lisle ou les peintures de Puvis de Chavannes en sont des exemples frappants, plusieurs œuvres musicales témoignent d’une quête similaire qui prend des formes et des expressions les plus diverses dont le programme de ce soir donne un aperçu saisissant. La Mort d’Orphée (1877) de Delibes ou Pandore (1888) de Pierné offrent ainsi une vision plutôt sombre et tragique de l’art grec tandis que O fons Bandusiae (1905) et Aubade athénienne (1911) de Reynaldo Hahn en présentent un versant lumineux et léger, qui se traduit dans des courbes mélodiques sinueuses et des harmonies chatoyantes. Ce retour aux sources de l’art grec se manifeste aussi sur un plan plus strictement musical, la mélodie Lydia (1871) de Fauré étant construite sur le mode lydien et Pandore faisant intervenir un récitant dont la voix déclamée et accompagnée rappelle un élément constitutif de la tragédie antique.

La recherche de terres lointaines et antiques, à la fois nourricières et salutaires, affecte encore deux œuvres composées sur des poèmes de Leconte de Lisle : Les Roses d’Ispahan (1885), mélodie de Fauré, évoque des couleurs et parfums enivrants d’une ville iranienne et l’Hymne védique (1886) de Chausson constitue une prière funèbre d’une civilisation antique, originaire d’Iran mais implantée en Inde.
Le passage – ou l’alternance – de l’ombre à la lumière, qui sous-tend l’ensemble des pièces du programme, se perçoit explicitement dès la pièce introductive, Vers la lumière (1906-1907 ?) de Fernand de La Tombelle, dont le titre comme le genre – « ode lyrique » – placent la pièce sous le signe de l’espoir et nous invitent à écouter des œuvres injustement méconnues de la musique française.

Jean-Christophe Branger
Université de Lorraine

Direction : Marie-Laure Teissèdre

Piano : Junko Fukuda-Gros

SOPRANOS : Camille Allérat, Claudine Charnay, Annaëlle Désert, Ga Young Lim

ALTOS : Caroline Adoumdou, Fanny Mouren, Elodie Oriol, Majdouline Zerari

TENORS : Julien Drevet-Santique, Fabrice Foison, Benjamin Ingrao, Grégoire Mativon

BARYTONS/BASSES : Guillaume Andrieux, Clément Buonomo, Etienne Chevallier, Rodrigue Diaz

 

 

Affiche-30-juin

Heure

(Jeudi) 20 h 30 min

Lieu

Temple du Change

Place du Change 69005 Lyon

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